Les Wah-Wahs
L'inductance
J'ai décidé de faire un chapitre sur les pédales wah-wah car celles-ci sont assez difficiles à réaliser à cause (à mon avis) de l'inductance. En effet dans la plupart des schémas (ils se ressemblent tous), l'inductance fait de 500 à 700 mH. Celà peut paraître énorme si on a quelques notions mais il faut bien se dire que l'intensité qui la traverse est si faible que le fil utilisé peut être très fin de açon à gagner en encombrement. Ce qui fait que la self qui est montée dans la crybaby ressemble à un petit transformateur qui doit faire 1 ou 2 cm de large ! Mais pour nous, amateurs, ces selfs ne se trouvent nulle part à acheter. Il faut alors faire de la récupération ! L'idéal est de trouver un petit transformateur (le plus petit possible) et de ne se servir que d'un enroulement. J'ai aussi constaté que les bobines des relais s'approchaient souvent des 1 Henry et qu'il était alors possible de les débobines jusqu'à la valeur voulue. Pour ma crybaby, j'ai trouvé un transformateur qui faisait 820 mH (par enroulement) et j'ai débobiné un enroulement. Je pense que c'était à l'origine un transformateur de ligne téléphonique. C'est un carré de 2.5 cm de côté.
La mesure d'inductances
Le plus embêtant, c'est la mesure des inductances. Je déconseille fortement les
multimètres qui sont capables de mesurer des inductances car j'ai constaté que leurs
mesures étaient totalement erronées. La meilleur technique pour mesurer une inductance
est de posséder un générateur de signaux sinusoïdaux et un oscilloscope. Il suffit
alors de réaliser un circuit RLC (mise en série d'un condensateur, de la self à mesurer
et d'une résistance). Pour la mesure en question, je préconise l'utilisation d'un
condensateur 2.2 µF (pas de condo chimique car leur précision est épouventable) et
d'une résistance de 1K. On injecte alors le signal sinusoïdal dans le circuit et on
visualise à l'oscilloscope la tension injectée et la tension aux bornes de la
résistance. On observe un déphasage. On fait ensuite varier la fréquence du signal pour
que les deux signaux soient en phase. Lorsque ceux-ci sont en phase, on dit qu'on est à
la fréquence de résonnance. Une propriété du réseau RLC est que, à la résonnance :
F = 1 / (2*Pi*sqrt(L*C)), avec sqrt = racine carée.
On extrait alors L :
L = 1 / (4*Pi^2^*F^2*C). On peut alors calculer l'inductance. Pour voir plus facilement si
les deux courbes sont en phases, on peut mettre l'oscilloscope en mode X-Y, la deviation
verticale correspond à la tension sur une entrée et la déviation verticale correspond
à celle de l'autre entrée. De cette façon, si les deux signaux sont déphasés, on
observe une courbe ayant vaguement l'air d'un ellipse. On appelle ces courbes des courbes
de Lissajou (ayant une équation paramétrique du type x = m * sin(a*t + b) ; y = n *
sin(c*t + d) ). Lorsque les deux signaux sont en phases, on observe une droite en
diagonale de l'écran.
Ma pédale ![]()
J'ai fait pour ma pédale une fuzz-wah, en prenant le schéma de la fuzz Hendrix et de la Crybaby. J'ai intégré un système très simple de mise en veille automatique et de sélection à semiconducteur pour éviter les "clocs".
Voici le schéma : fuzzwah.gif
On distingue bien les plusieurs parties : en haut la fuzz, en bas la wah-wah avec sa
fameuse inductance. Chacun de ces deux modules peut etre activé séparément. La
commutation se fait part l'intérmédiaire de circuits intégrés CMOS 4066 pour éviter
les clocks que produisent les interrupteurs mecaniques. J'ai mis un "true
bypass" pour ne pas que mon signal soit modifié quand je n'utilise pas la wah wah ou
la fuzz. C'est nécessaire car on connait le problème qu'il y a avec les crybaby
originales qui n'ont pas ce "true bypass" et qui modifient le son de la guitare
lorsqu'elles ne sont pas enclenchées. On peut activer la fuzz et la wah simultanément.
Dans ce cas, la fuzz est placée avant la wah wah comme on le voit sur le schéma.
Pour ce qui est de la mise en veille automatique, c'est après avoir fini de jouer
seulement qu'elle prend effet. En fait, il y a un comparateur sur le signal venant de la
guitare. Pour peu que les deux résistances ajustant le seuil soient bien choisies (il
faut un seuil bas, ici j'ai choisi de le placer à 150 mV environ), lorsqu'une note sort
de la guitare, la sortie du comparateur passe à 0V au lieu de 9V, celà provoque une
remise à zero du monostable réalisé avec un classique NE555 qui se remet à compter à
partir de zero. Donc tant que l'on joue, le 555 et resetté en permanence et sa sortie
reste à l'état haut et le transistor en sortie est saturé. La c'est un peu maladroit de
ma part mais il faut comprendre que la masse au collecteur est le moins de la pile et la
masse à l'emetteur est la masse générale du circuit. Le moins de la pile n'est
connecté qu'à cet endroit et sur l'alimentation de l'ampli op et du 555. De cette facon,
dès qu'on commence à jouer, la pédale se met en service. Il n'y a pas de bouton marche
arrêt mais un système plus pratique qui fait qu'on ne vide pas sa pile si on ne joue
pas... Bien sur, on peut déconnecter totalement la pile (comme dans beaucoup de pédales)
en débranchant le jack d'entrée.